Le marché de l’anacarde en Côte d’Ivoire
Samedi dernier à Bondoukou, les représentants de l’ARECA et du Ministère de l’Agriculture ont procédé au lancement officiel de la campagne 2012 de commercialisation d’anacarde. Cette cérémonie et l’atelier qui l’a précédé ont été l’occasion de travailler sur la problématique de l’exportation d’anacarde du Zanzan par la frontière ghanéenne. Même si le phénomène persiste il semble, toutefois, beaucoup plus limité que l’année dernière où près d’un quart de la production ivoirienne était sortie par le Ghana.
Nous continuons d’attendre une récolte d’anacarde 2012 décevante. Dans certaines zones des Savanes, la fructification tire déjà à sa fin et les fleurs encore présentes sur les arbres tombent sans produire de fruits. Sur la majorité du territoire, beaucoup de jeunes fruits tombent lors des orages qui deviennent de
plus en plus fréquents.
Après avoir connu une augmentation modérée à la suite des fêtes de Pâques, la commercialisation du produit est restée relativement stable cette semaine. Les quantités de produit collectées jusqu’à présent restent bien moindres que les années passées mais le flux de camion est maintenant continu entre les zones de production et Abidjan.
Les prix au port sont en légère augmentation car de nouveaux contrats d’exportation ont été signés à des prix légèrement plus élevés que les semaines passées. La majorité des livraisons continuent de se faire entre 310 et 325 FCFA/kg mais il semble que quelques livraisons à 335 FCFA/kg soient réalisées.
Dans le Denguélé, la Vallée du Bandama, le Worodougou et les Savanes, la majorité des ventes bord-champ continuent de se faire à 250 FCFA/kg mais un nombre croissant de ventes groupées sont réalisées et permettent aux producteurs d’obtenir 260 à 275 FCFA/kg selon les quantités rassemblées. Dans le Zanzan, le prix de 275 FCFA/kg tend à se généraliser et les ventes groupées permettent d’obtenir 280 FCFA/kg.
Le marché de l’anacarde au Burkina Faso
Cette semaine, le marché de l’anacarde est resté pratiquement stable par rapport à la semaine précédente sur l’ensemble des Hauts-Bassins.
En effet, les échanges se sont fait tout au long de la semaine à 400 FCFA la boite de 1,5 kg au niveau bord champ, sauf sur l’axe d’Orodara où ce prix a souvent atteint 425 FCFA en début de semaine.
Dans la ville d’Orodara, les livraisons de gros se font à 315 FCFA le kilo soit 465 FCFA la boite de 1,5 kg. Dans la ville de Bobo Dioulasso, le prix de gros s’est stabilisé à 300 FCFA le kg soit 450 FCFA la boite de 1,5 kg.
En Guinée-Bissau, le coup d’Etat de vendredi dernier a complètement paralysé le début de la campagne. L’évolution de la situation politique est pour l’instant incertaine et la commercialisation de l’anacarde risque de prendre du retard dans le pays. Rappelons que la Guinée-Bissau est le deuxième producteur d’anacarde d’Afrique après la Côte d’Ivoire, et l’un des pays où se trouve la meilleure
qualité d’anacarde du monde.
Le marché international de l’anacarde
Sur le marché international de l’anacarde, les prix ont légèrement augmenté au cours des derniers jours, tant en Inde qu’au Vietnam. Toutefois, les volumes échangés sur lesquels porte cette augmentation de prix restent relativement faibles et il faudra attendre encore quelques semaines pour savoir s’il s’agit d’une reprise réelle des commandes d’amande de cajou.
Pour la deuxième semaine consécutive, le prix de l’amande de cajou de grade WW320(1) a augmenté de 0,05 USD/lb et les transactions se font actuellement entre 3,3 et 3,4 USD/lb (3630 et 3740 FCFA/kg) FOB(2).
Les prix de la noix brute livrée en Inde sont également en légère hausse. La noix brute du Bénin avec un KOR(3) moyen de 49-50 est achetée autour de 1000 USD/t (500 FCFA/kg) CAF(4) et celle de Côte d’Ivoire avec un KOR moyen de 47-48 est achetée autour de 900 USD/t (450 FCFA/kg) CAF.
Le taux de change du Dollar américain en Francs CFA est toujours relativement stable autour de 1 USD = 500 FCFA.
Recommandations
Face à des prix qui stagnent depuis plus d’un mois, de plus en plus de producteurs semblent se décider à vendre. On peut s’attendre à une hausse des volumes commercialisés dans les prochaines semaines et celle-ci devrait heureusement coïncider avec une augmentation des commandes de noix de cajou brute si la hausse de la demande se confirme.
Dans ces conditions, nous pensons que les prix devraient rester stables dans un premier temps puis connaitre une légère hausse au fur et à mesure de l’augmentation des commandes d’importateurs étrangers.
Nous continuons de conseiller aux producteurs de sécuriser leurs revenus en vendant la moitié de leur production dès maintenant mais aussi de garder un stock conséquent dans de bonnes conditions, pour espérer profiter de prix plus élevés en fin de campagne. Nous recommandons particulièrement que les ventes soient réalisées collectivement de façon à économiser les frais de collecte et augmenter le prix final obtenu.
Nous conseillons toujours aux transformateurs de boucler leur approvisionnement le plus rapidement possible car les possibilités de baisse de prix s’amenuisent tandis que celles de hausse se renforcent.
1 WW320 : « White Whole 320 », en français « amande blanche de taille moyenne ». Après que les noix de cajou brutes aient été décortiquées, il s’agit du grade d’amande le plus produit et dont le prix sert de référence pour le prix de l’anacarde en général.
2 FOB : « Free On Board », en français « libre à bord du bateau ». Terme commerciale utilisé pour désigner le prix pour un produit livré à son port de départ, chargé sur un bateau et prêt à partir pour un port de destination.
3 KOR : Kernel Output Ratio (rendement en amande), c’est l’unité de mesure de la qualité moyenne d’un lot de noix de cajou brute. Elle s’exprime en livres (lb) d’amandes obtenues par sac de 80 kg de noix brutes décortiqués.
4 CAF : « Coûts, Assurance et Fret ». Terme commercial utilisé pour désigner le prix d’un produit livré au port de destination et non déchargé, ici les ports de Cochin et Kollam en Inde et le port d’Ho Chi Minh au Vietnam.
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