Le marché de l’anacarde en Afrique de l’Ouest
Bonjour à tous,
En Afrique de l’Ouest, les anacardiers sont dans leur grande majorité en période de développement végétatif (production de feuilles et de nouvelles branches) et seuls quelques arbres précoces entament un début de floraison.
En Côte d’Ivoire la pluviométrie a été satisfaisante et la saison des pluies s’est poursuivie jusqu’à la semaine dernière. Si les pluies continuaient en novembre, elles pourraient entrainer une récolte relativement tardive étant donné que la majorité des anacardiers ne commencent leur phase de floraison qu’après une période sèche prolongée.
Au Burkina Faso, la pluviométrie dans les zones de production d’anacarde et notamment dans la région des Hauts-Bassins (Sud-Ouest) est en baisse par rapport aux pluies de 2010 mais reste autour de sa moyenne sur les dernières années. Les pluies ayant pris fin au cours du mois d’octobre, la récolte d’anacarde devrait commencer normalement fin janvier-début février. Dans l’ensemble, les conditions agro-climatiques sont satisfaisantes dans la grande majorité des zones de production de l’anacarde. On peut aussi espérer que les formations organisées en 2010/2011 par l’Initiative du Cajou Africain (ICA) favorisent un bon entretien des plantations. La production de la campagne 2012 est donc pour l’instant attendue bonne à très bonne. Mais de nombreux facteurs peuvent encore changer ce pronostic d’ici la récolte.
Le marché international de l’anacarde
L’évolution du marché international de l’amande de cajou au cours du mois d’octobre a été relativement déconcertante.
Bien que nous soyons rentrés dans la plus importante période de consommation d’anacarde, la demande est restée jusqu’à présent relativement faible sur l’ensemble des marchés de consommation.
Parallèlement, de nombreux petits et moyens transformateurs en Inde et au Vietnam ont dû vendre leurs stocks d’amande de cajou pour rembourser leurs emprunts. Dans ces conditions le prix de l’amande de cajou a connu une nouvelle baisse. L’amande de cajou de grade WW320 s’échange à l’heure actuelle entre 3,8 et 4 USD/Lb FOB(1) en Inde et au Vietnam.
Suivant les prix de l’amande, les prix de la noix de cajou brute ont eux aussi fortement diminué dans les deux pays ayant commencé la commercialisation de l’anacarde : Indonésie et Tanzanie. La noix brute avec un Kernel Outtput Ratio (KOR) 50 à 52 se vend entre 1500 et 1550 USD/tonne (720 à 745 FCFA/kg) CAF(2) Cochin.
L’évolution des monnaies a eu un fort impact dans l’évolution récente des prix de l’anacarde. La valeur de la monnaie indienne (Indian Rupee, notée INR) a fortement diminuée par rapport au dollar au cours des mois de septembre et octobre. La Rupee est passée de 1 USD = 45 INR à 1 USD = 49 INR soit 9% de baisse entre la fin août et la fin octobre. Dans ces conditions, les transformateurs indiens qui vendent leur amande sur le marché international en Dollar obtiennent un meilleur prix en Rupee, ce qui les pousse à vendre.
Après cette forte baisse, la situation reste incertaine. Les importateurs américains, européens mais aussi chinois attendent une baisse d’environ 10% de la consommation d’anacarde dans leurs pays en raison de son coût élevé par rapport aux autres noix (notamment par rapport à l’amande californienne). Dans
ces conditions, ils préfèrent n’acheter que le nécessaire pour couvrir les commandes déjà faites et gardent peu stocks.
Côté production des informations très contradictoires continuent de circuler. Il semble que l’Indonésie et la Tanzanie connaissent des productions normales : autour de 150 000 tonnes pour la première et de 110 000 tonnes pour la deuxième. Mais c’est surtout la situation au Brésil qui demeure douteuse. Les
estimations du gouvernement brésilien annoncent une production record de 320 000 tonnes, mais elles sont très peu fiables. Parallèlement, des producteurs brésiliens annoncent une production décevante et d’autres une bonne récolte. La réalité de la production dans ce pays aura certainement un fort impact sur
l’évolution du marché dans les prochains mois. Dans cette situation confuse, nous préférons ne pas donner de pronostic pour le mois à venir et attendre qu’une image plus nette de l’état de l’offre et de la demande se fasse pour donner des recommandations.
(1) FOB : « Free On Board » fait référence à un prix pour le produit livré au port de départ, ici Cochin en Inde ou Ho Chi Minh ville au Vietnam
(2) CAF : « Coûts, Assurance et Fret » fait référence à un prix pour le produit livré au port de destination, ici Cochin en Inde ou Ho Chi Minh, ville au Vietnam.
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