Le marché de l’anacarde en Afrique de l’Ouest
Bonjour à tous,
En Afrique de l’Ouest, les anacardiers commencent à entrer maintenant dans leur période de floraison. Jusqu’à présent le développement des arbres en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso se fait dans de bonnes conditions : une pluviométrie suffisante, une température de l’air correcte et des vents de faible intensité
garantissent un début de floraison optimal.
L’entretien des plantations est actuellement en cours et semble un peu plus soigné que les années précédentes, principalement en raison des prix attractifs des deux dernières campagnes et de l’encadrement apporté aux producteurs par nos Conseillers et par les encadreurs de l’Initiative du Cajou Africain.
Etant donné l’âge encore jeune de la majorité des vergers d’anacarde en Afrique de l’Ouest, on peut s’attendre à une excellente production cette année si ces conditions favorables se maintiennent. La production ivoirienne pourrait même largement dépasser la barre des 400 000 tonnes de noix brute.
Côté commercialisation, les procédures d’enregistrement des sociétés commerciales souhaitant obtenir un agrément à l’exportation par le port d’Abidjan se sont closes il y a deux semaines et le nombre d’exportateurs agréé pour la prochaine campagne devrait donc être connu prochainement.
Sur le plan institutionnel, la filière est en train de connaitre une importante réorganisation. L’Autorité de Régulation Coton Anacarde (ARECA) vient de connaitre un remaniement de son conseil d’administration et la prise de fonction d’un nouveau président. Le ministre de l’agriculture ivoirien, Monsieur Mamadou Sangafowa Coulibaly a annoncé une grande réforme de la filière anacarde. Celle-ci a d’ailleurs été reconnue comme l’une des filières d’exportation les plus stratégiques pour le développement de la Côte d’Ivoire.
La capacité de transformation locale de la Côte d’Ivoire a elle aussi été renforcée, notamment grâce aux investissements d’Olam Ivoire. On peut espérer que plus de 35 000 tonnes de noix de cajou brute pourront être décortiquées en 2012 dans le pays.
Le marché international de l’anacarde
Au cours du mois de novembre, les prix de la noix de cajou sont restés relativement stables sur le marché international.
Après la forte chute de prix du mois d’octobre, les prix de l’amande de cajou de grade WW320 se sont stabilisés autour de 3,85 USD/Lb (4100 FCFA/kg) pour des transactions FOB1 en Inde et au Vietnam. Ce niveau de prix est à peine plus élevé que celui de l’année dernière à la même époque, mais rappelons qu’il s’agissait alors d’un maximum historique dans l’histoire du marché de l’anacarde. Même si le prix de l’amande de cajou s’est envolé jusqu’à 4,6 USD/Lb (4900 FCFA/kg) en septembre dernier, il reste donc encore maintenant relativement élevé.
En Indonésie et en Tanzanie où la récolte tend vers sa fin, les prix de la noix brute se sont stabilisés autour de 1500 USD/t (725 FCFA/kg) pour des livraisons CAF en Inde ou au Vietnam2. Il est maintenant presque certain que les récoltes de ces deux pays (ainsi que celle du Mozambique qui n’a pas encore commencé à exporter) ont été très bonnes.
Sur l’ensemble du marché de l’anacarde, les acheteurs et les vendeurs se contentent d’échanger de très petits lots et tout le monde attend le mois de janvier et les premières estimations de la consommation de noix de cajou en Europe et aux Etats-Unis au cours des fêtes de Noël pour prendre des décisions.
Toutefois, il est maintenant évident que la demande dans ces deux grandes zones de consommation est en forte baisse. Si les importations américaines ne sont en baisse que de 3% par rapport à l’année dernière, la plupart des importateurs annoncent une baisse de plus de 10% des ventes au détail. Seuls les marchés émergents, c’est-à-dire la Chine mais surtout le Moyen-Orient, ont continué de passer d’importantes commandes même à des prix très élevés.
Etant donné la baisse de la consommation en Occident et les récoltes qui pour l’instant semblent parties pour être meilleures que celles des deux dernières années, on peut s’attendre à ce que la campagne de commercialisation 2012 n’atteigne pas les mêmes sommets qu’en 2011. Toutefois, la demande devrait
être suffisante pour maintenir des prix élevés et probablement supérieurs à 250 FCFA/kg bord-champ pendant une partie de la campagne.
Bonne fin d’année à tous !
(1) FOB : « Free On Board » fait référence à un prix pour le produit livré au port de départ, ici Cochin en Inde ou Ho Chi Minh ville au Vietnam
(2) CAF : « Coûts, Assurance et Fret » fait référence à un prix pour le produit livré au port de destination, ici Cochin en Inde ou Ho Chi Minh, ville au Vietnam.
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