29 MAI 2012


Le marché en un coup d’oeil


Le marché de l’anacarde en Côte d’Ivoire

Le marché de l’anacarde est marqué cette semaine par une forte inquiétude des producteurs et des commerçants avec la diffusion d’une rumeur sur une future baisse des prix.

Le blocage du port qui se prolonge provoque en effet un fort ralentissement des achats bord-champ et le blocage de nombreux camions incapables de décharger leur produit. Quelques exportateurs ont donc revu leurs prix d’achat à la baisse tandis que d’autres diminuent ou arrêtent leurs préfinancements.

Dans les régions du Worodougou, du Zanzan, de la Vallée de Bandama, des Savanes et du Denguélé, le prix bord champ majoritairement pratiqué reste de 300 FCFA/kg.

Au niveau du port d’Abidjan, la plupart des exportateurs se concentrent actuellement sur la logistique d’exportation et attendent que plus de produit soit exporté avant de commencer de nouvelles commandes. Les prix pour le produit livré dans les magasins portuaires varient entre 330 et 350 FCFA/kg.

Le ralentissement des achats pourrait se maintenir encore quelques semaines, le temps que les exportations en cours libèrent d’avantage d’espace au niveau du port.

Bien qu’en baisse, la qualité moyenne du produit disponible varie fortement d’une région à une autre. Si certaines localités enregistrent des KOR (1) moyens inférieurs à 44 notamment dans le Centre et l’Est, on trouve encore beaucoup de KOR supérieurs à 46 lbs dans le Nord et l’Ouest du pays. Contrairement aux années passées, la qualité moyenne du Zanzan ne semble pas meilleure que celle des autres régions.

Notons, que les premières exportations d’anacarde ont eu lieu la semaine passée au port de San Pedro. Même si les volumes exportés par ce port devraient rester relativement limités cette année, cet évènement est une bonne nouvelle car il permettra de résoudre dans les prochaines années les problèmes de saturation du port d’Abidjan. En outre, l’anacarde est un produit considéré comme peu rentable par les affréteurs et les transitaires d’Abidjan ce qui limite l’espace qui lui est consacré sur les bateaux et dans les magasins. A San Pedro, port plus spécialisé sur les produits agricoles, l’accueil qui sera fait à l’anacarde risque devrait être de meilleure qualité. 


Le marché de l’anacarde en Afrique de l’Ouest

Au Burkina Faso, les prix bord champ majoritairement pratiqués se situent entre 500 et 525 FCFA/Boite de 1,5 kg, soit 330 à 350 FCFA/kg. D’importantes quantités ont été vendues et les stocks dans la plupart des régions s’amenuisent. Avec le retrait de certains acheteurs étrangers, les prix devraient rester stables au cours des semaines à venir.


Avec la prochaine reprise des exportations d’anacarde en Guinée-Bissau, la pression baisse et les prix se stabilisent dans la région Sénégal, Gambie, Guinée Bissau autour de 400 FCFA/kg. Si la qualité du produit dans cette zone est supérieure à celle de Côte d’Ivoire et du Burkina, avec des KOR moyens autour de 50 Lbs, il semble qu’elle sera en baisse cette année car la saison pluvieuse y a commencé beaucoup plus tôt que d’habitude.


Le marché international de l’anacarde

Les prix sur le marché international de l’anacarde ont connu un léger repli alors que très peu de commandes d’amande de cajou sont actuellement passées.

L’amande de cajou de grade WW320 (2) se vend actuellement entre 3,60 et 3,75 USD/lb (4118 à 4290 FCFA/kg) FOB (3).

Les ventes de noix brutes ouest africaine, restent stables avec des prix CAF (4) pour le Bénin entre 1150 et 1225 USD/t (595 et 635 FCFA/kg), pour la Cote d’Ivoire entre 1000 et 1075 USD/t (520 et 560 FCFA/kg) et pour le Sénégal et la Gambie autour de 1400 USD/t (725 FCFA/kg).


Le taux de change Franc CFA – Dollar US continu de s’améliorer et a dépassé 1 USD=520 FCFA au cours des derniers jours. 


Le point de vue des analystes

L’encombrement du port d’Abidjan semble devoir continuer encore plusieurs semaines. Les premières exportations par le port de San Pedro ne devraient pas changer la donne.

Dans ces conditions, les prix bord-champ devraient rester stables au cours des prochaines semaines et pourraient même connaitre une baisse dans les zones reculées où la concurrence entre les acheteurs est faible.

Toutefois, les prix pratiqués en Côte d’Ivoire restent bas par rapport aux prix sur le marché international et à ceux pratiqués dans le reste de la sous-région. Ces prix bas devraient notamment attirer de plus en plus d’acheteurs Ghanéens, voire Burkinabè, en manque de produit dans leurs pays.

En outre, malgré le tassement des prix de l’amande sur le marché international, les perspectives de celui-ci restent toujours haussières dans un contexte où la production mondiale est en baisse et où le prix de l’amande californienne, principal concurrent de l’amande de cajou est en forte hausse, ce qui devrait favoriser la consommation. Nous pensons qu’avec l’augmentation des commandes du Moyen-Orient et du Maghreb d’ici deux à trois semaines en préparation du Ramadan qui sera célébré fin juillet, les prix internationaux devraient légèrement remonter et tirer les prix de la noix brute.

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1 KOR : Kernel Output Ratio (rendement en amande), c’est l’unité de mesure de la qualité moyenne d’un lot de noix de cajou brute. Elle s’exprime en livres (lb) d’amandes obtenues par sac de 80 kg de noix brutes décortiqués.
2 WW320 : « White Whole 320 », en français « amande blanche de taille moyenne ». Après que les noix de cajou brutes aient été décortiquées, il s’agit du grade d’amande le plus produit et dont le prix sert de référence pour le prix de l’anacarde en général.
3 FOB : « Free On Board », en français « libre à bord du bateau ». Terme commerciale utilisé pour désigner le prix pour un produit livré à son port de départ, chargé sur un bateau et prêt à partir pour un port de destination.
4 CAF : « Coûts, Assurance et Fret ». Terme commercial utilisé pour désigner le prix d’un produit livré au port de destination et non déchargé, ici les ports de Cochin et Kollam en Inde et le port d’Ho Chi Minh au Vietnam. 





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