Bulletin sur l'Anacarde du 22 janvier 2013

Le marché en un coup d’oeil

Le marché de l’anacarde en Côte d’Ivoire

La récolte commence relativement tôt cette année en Côte d’Ivoire. Dans toutes les régions on enregistre déjà les premières activités de ramassage même si le gros de la récolte devrait débuter à la mi-février.

Comme cela avait été souligné en décembre, les anciens stocks de la récolte 2012 ont en grande partie été écoulés au cours des mois passés et moins de 10 000 tonnes de vieilles noix semblent actuellement stockées en Côte d’Ivoire. C’est une bonne nouvelle car même s’ils seront mélangés avec les noix de la nouvelle récolte, ces stocks ne devraient pas avoir un impact trop négatif sur la qualité moyenne de la noix ivoirienne en 2013.

Quelques ventes de la vieille récolte continuent de se faire à 100 FCFA/kg voire 110 FCFA/kg lorsque la qualité n’est pas trop dégradée. A l’heure actuelle, la majorité des grossistes et des pisteurs qui achètent l’anacarde travaille sur fonds propres et la grande majorité des exportateurs n’a pas encore commencé à préfinancer ses réseaux de collecte.

Les discussions sont en cours entre les représentants des acteurs de la filière sous le patronage de l’ARECA et elles devraient aboutir d’ici quelques semaines à la fixation d’un prix d’achat indicatif officiel pour la campagne 2013. Exportateurs et transformateurs espèrent que ce prix ne sera pas trop élevé de manière à ne pas donner un signal poussant les producteurs à spéculer et à stocker leur production sur une trop longue période. Il semble que certains représentants des producteurs ait pris conscience des effets négatifs que peut provoquer la fixation d’un prix indicatif trop élevé et que les discussions soient donc sur la bonne voie.

Le marché de l’anacarde en Afrique

Dans les pays voisins, la récolte semble également relativement précoce et elle est attendue plutôt bonne. Très peu d’achats se font actuellement.

Au Burkina Faso, seuls quelques transformateurs locaux achètent actuellement de petites quantités autour de 200 FCFA/kg.

La noix brute ivoirienne souffre actuellement de sa réputation à l’étranger à cause des deux campagnes passées lors desquelles la qualité de l’anacarde exportée par le port d’Abidjan a déçu les transformateurs indiens, vietnamiens et brésiliens qui l’achètent. Pour cette raison, les offres d’achat actuelles pour la noix d’origine Côte d’Ivoire sont moins élevées que celles pour la noix du Ghana, bien qu’en temps normal la qualité moyenne des deux pays soit très semblable.

Le marché international de l’anacarde

A cette période de l’année, les commandes d’amande de cajou sont généralement limitées car les principales périodes de consommation de noix de cajou sont terminées. Cette année, pourtant, quelques petits achats ont lieu à intervalles réguliers, notamment car beaucoup d’acheteurs d’amande de cajou ont des stocks très bas et ont besoin de se réapprovisionner régulièrement.

Cela fait maintenant presque 6 mois que le prix de l’amande de cajou sur le marché international est très stable. Cette semaine encore, les ventes d’amande de grade WW320 se font principalement entre 3,2 et 3,45 USD/lb (3450 et 3730 FCFA/kg) FOB(1) Inde et Vietnam.

Les stocks de noix brute au niveau mondial restent globalement plus élevés que la moyenne historique à cette période de l’année et assez proches de ce qu’ils étaient l’année passée à la même période, avec encore probablement autour de 40 000 tonnes disponibles en Afrique de l’Ouest et autour de 100 000 tonnes disponibles en Afrique de l’Est. Pourtant, certaines usines de transformation se mettent actuellement à l’arrêt par manque de financement et attendent que l’arrivée des récoltes 2013 dans les pays producteurs de l’hémisphère Nord augmente la disponibilité de noix brute. La noix brute actuellement livrée en Inde est principalement d’origine tanzanienne et est vendue autour de 1300 USD/t (640 FCFA/kg) CAF, pour un KOR moyen de 51-52.

Quelques offres d’achat pour la nouvelles récolte 2013 d’Afrique de l’Ouest commencent à être disponibles avec des prix CAF2 qui varient autour de :
- 1000 USD/t (465 FCFA/kg) pour la noix brute du Bénin de KOR moyen 49 lbs,
- 900 USD/t (440 FCFA/kg) pour la noix brute exportée par le Ghana avec un KOR moyen attendu de 48 lbs,
- 800 USD/t (390 FCFA/kg) pour la noix brute exportée par la Côte d’Ivoire avec un KOR moyen attendu de 47 lbs.

Le taux de change du Dollar par rapport au Franc CFA est plus faible que celui de l’année dernière à la même période à 1 USD = 490 FCFA actuellement. Ce taux devrait avoir un léger impact négatif sur les prix de l’anacarde dans la zone CFA.

Le point de vue des analystes 

Avec des récoltes attendues plutôt bonnes et à l’heure, le marché mondial de l’anacarde devrait bénéficier d’une offre largement suffisante à partir du mois de mars, surtout si les ports d’Afrique de l’Ouest se montrent efficaces pour exporter la noix brute vers l’Asie.

En parallèle, si la demande mondiale d’anacarde s’est bien rétablie en 2012, elle semble tout juste revenue aux niveaux de 2010 et aucun signal macro-économique ne laisse présager une forte augmentation dans l’année à venir.

Seul élément positif : après trois années où les prix moyens de l’anacarde étaient largement plus élevés que ceux de son principal concurrent, l’amande de Californie, les prix des deux produits se sont rapprochés et sont actuellement presque identiques. Si cet équilibre se maintient ou si le prix de l’anacarde se stabilise sous celui de l’amande californienne, la demande de cajou pourrait être boostée sur la deuxième partie de l’année 2013.

Pour l’instant, nous tablons sur une relative stabilité des prix sur le marché international et sur un prix bord-champ avoisinant les 200 FCFA/kg pour la récolte 2013 sur le début de campagne au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. Toutefois, le risque d’une nouvelle chute de prix en fin de campagne restera grand si les récoltes ouest-africaines se révèlent aussi bonnes qu’attendu et si aucun signe d’augmentation de la demande n’apparaît dans les prochains mois.
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(1) FOB : « Free On Board », en français « libre à bord du bateau ». Terme commercial utilisé pour désigner le prix pour un produit livré à son port de départ, chargé sur un bateau et prêt à partir pour un port de destination.
(2) CAF : « Coûts, Assurance et Fret ». Terme commercial utilisé pour désigner le prix d’un produit livré au port de destination et non déchargé, ici les ports de Cochin et Kollam en Inde, le port d’Ho Chi Minh au Vietnam et le port de Fortaleza au Brésil. 

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