Au
cours du mois de décembre, la commercialisation de l’anacarde a continué de se
faire à un rythme très lent.
Petit à
petit, les stocks d’une qualité encore acceptable (KOR 42-44 lbs) tendent à
disparaître et beaucoup de stocks restant sont actuellement à des niveaux de
qualité qui les rendent très difficiles à transformer.
Dans ce
contexte, les acheteurs encore actifs prennent beaucoup de soin à contrôler la
qualité du produit avant de l’acheter et les prix restent très bas. La majorité
des achats se font entre 100 et 125 FCFA avec encore quelques acheteurs qui
payent le produit de qualité acceptable à 150 FCFA/kg dans le Zanzan. voire
Au
port d’Abidjan, les prix restent majoritairement entre 175 et 200 FCFA/kg selon
la qualité.
Jusqu’à
présent, la récolte 2013 s’annonce très bonne. La floraison est en bonne marche
dans l’Est, le Nord et le Centre avec un début de fructification sur certains
arbres. Dans le Nord-Ouest la floraison la floraison commence tout juste.
D’après
nos prévisions, la récolte 2013 devrait se situer entre 460 000 et 480 000
tonnes de noix brute selon les conditions climatiques des prochains mois.
La
récolte 2012 est finalement estimée à 445 000 tonnes. Voici nos dernières
estimations de la répartition de la production ivoirienne 2012 de noix de cajou
brute.
Le marché de l’anacarde en Afrique
Les
stocks restant en Guinée-Bissau semblent diminuer assez rapidement grâce à des
ventes régulières et à une baisse de la taxe sur les exportations de noix
brute. Il semble que le stock invendu actuel ne dépasse pas les 20 000 tonnes
de noix brute.
Au
Kenya, seul pays d’Afrique où la totalité de la production est transformée
localement, les transformateurs et les producteurs d’anacarde se sont mis
d’accord sur un prix bord-champ de référence de 265 FCFA/kg pour une noix de
KOR moyen 49 lbs.
Au
Mozambique, la commercialisation bas son plein. Les achats bord-champ se font
pour l’instant autour de 225 FCFA/kg pour un KOR de qualité moyenne 47 lbs.
En
Tanzanie, les enchères sont en cours et ont déjà permis de commercialiser plus
de 60 000 tonnes de qualité moyenne 50 Lbs. Les prix sont globalement plus
élevés que dans les pays voisin et dépassent 325 FCFA/kg.
Le marché international de l’anacarde
Au
cours du mois de décembre, le marché international de l’anacarde est resté
relativement stable avec une très légère diminution des prix à la fin du mois
en raison d’une très faible activité des acheteurs d’amande de cajou pendant la
période des fêtes de fin d’année.
La
hausse attendue en fin d’année n’aura finalement pas eu lieu sur le marché de
l’amande de cajou où les prix sont restés particulièrement stable au cours des
deux derniers mois entre 3,2 et 3,45 USD/lb (3470 à 3750 FCFA/kg) FOB (1).
Sur
le marché de la noix brute l’écart de prix se maintient toujours entre les noix
de relativement mauvaise qualité (42-44 lbs) disponibles en Côte d’Ivoire et en
Guinée-Bissau qui se négocient autour de 700 USD/t (350 FCFA/kg) CAF (2), celles
de qualité moyenne (47-48) disponible au Mozambique et qui se négocient autour
de 850 USD/t (420 FCFA/kg) et celles de très bonne qualité (51-52 lbs)
disponibles en Indonésie et en Tanzanie qui se négocient à plus de 1200 USD/t
(590 FCFA/kg) CAF.
Le
taux de change Dollar US – Franc CFA s’est dégradé au désavantage des acteurs
de la filière cajou en passant au cours des dernières semaines à 1 USD = 495
FCFA. Le taux de change Franc CFA dollar ne devrait pas être en faveur des
acteurs de la filière cajou au début de l’année 2013 en raison de la politique
de la banque centrale américaine qui cherche à maintenir un dollar faible
Le point de vue des analystes
L’année
2012 aura finalement amené un paramètre qui faisait fortement défaut à la
filière cajou ces dernières années : la stabilité.
Même
si celle-ci ne s’est pas fait ressentir au niveau des producteurs, elle a été relativement
marquée au niveau du marché international de l’anacarde avec des variations de
prix bien inférieures à celles des années passée.
Finalement,
un certain équilibre a réussi à se former entre une demande qui s’est
légèrement améliorée par rapport à la baisse de la fin de l’année 2011 mais
sans connaitre non plus de hausse spectaculaire. Et une offre qui s’est révélée
plutôt bonne, notamment en Afrique de l’Ouest où la production a été plus
élevée qu’attendue en Côte d’Ivoire, au Bénin et au Ghana.
L’entrée
en activité des importateurs brésiliens a été moins impressionnante qu’attendue
avec moins de 60 000 tonnes importées d’Afrique en 2012 mais elle aura permis
de limiter le surplus de production dans la sous-région.
La
hausse de la production devrait se poursuivre l’année prochaine en Côte
d’Ivoire comme dans les pays voisins et la disponibilité en noix brute sur le
marché international ne devrait donc pas poser de problème.
En
parallèle, la consommation devrait continuer d’augmenter dans les pays
émergents et de rester relativement stable dans les pays développés. Il est peu
probable que la consommation connaisse une croissance rapide étant donné que le
prix de l’amande de cajou reste relativement plus élevé que celui de l’amande
californienne son principal concurrent et que les perspectives
macro-économiques mondiales restent relativement moroses.
Dans
ce contexte nous anticipons une campagne 2013 avec des prix relativement plus
bas qu’au cours des trois dernières années. L’importante disponibilité de
produit si une bonne récolte se confirme et les restes de la campagne 2012 qui
seront mélangés aux noix de la nouvelle récolte devraient maintenir les prix
sous la barre des 250 FCFA/kg pendant la majorité de la campagne. Si aucun
évènement majeur ne vient le marché, nous pensons que les prix devraient se
maintenir entre 175 et 225 FCFA/kg bord-champ sur le début de la campagne,
jusqu’à ce que les anticipations de production pour 2013 se précisent.
Nous
encourageant vivement les acteurs de la filière qui décideront du prix
indicatif en Côte d’Ivoire pour la campagne 2012 à faire preuve de sagesse pour
donner un message clair qui ne laisse pas présager aux producteurs des prix
déconnecté du marché international tout en incitant les producteurs à négocier
un prix rémunérateur lorsque leur produit est de bonne qualité.
Nous
souhaitons une excellente année 2013 à tous nos lecteurs et à l’ensemble des
acteurs de la filière anacarde de Côte d’Ivoire.
_________________
(1) FOB : « Free On Board », en français « libre à bord du bateau ». Terme
commerciale utilisé pour désigner le prix pour un produit livré à son port de
départ, chargé sur un bateau et prêt à partir pour un port de destination.
(2) CAF : « Coûts, Assurance et Fret ». Terme commercial utilisé pour désigner le
prix d’un produit livré au port de destination et non déchargé, ici les ports
de Cochin et Kollam en Inde et le port d’Ho Chi Minh au Vietnam.

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