Bulletin sur l'Anacarde d'octobre 2012

Le marché en un coup d’oeil


Le marché de l’anacarde en Côte d’Ivoire

Au cours du mois de septembre, la commercialisation de l’anacarde s’est poursuivie à un rythme très lent en Côte d’Ivoire. 

Dans l’ensemble du pays, la rentrée scolaire et la fête de Tabaski ont poussé beaucoup de producteurs encore réticents à accepter les prix pratiqués et à vendre leurs stocks restants. Dans l’Est du pays ces ventes ont poussé les prix vers le bas et à l’heure actuelle la noix brute est payée entre 50 et 75 FCFA/kg dans les villages reculés du Worodougou et du Denguélé et à 100 FCFA/kg dans les villages mieux desservis. 

Dans la région du Zanzan, les achats qui avaient fortement diminué avec la fermeture de la frontière ghanéenne fin septembre ont repris depuis la réouverture de cette dernière le 8 octobre dernier. Les prix pratiqués sont légèrement plus élevés que dans les autres régions avec des achats qui se font majoritairement entre 150 et 175 FCFA/kg et même quelques achats exceptionnels pour des stocks importants à 200 FCFA/kg. 

A l’exportation, quelques commandes continuent d’être passées pour de petits volumes à intervalle régulier ce qui permet à plusieurs exportateurs de rester actifs. Notre prix indicatifs pour le FOB Abidjan est de 650 USD/t pour des stocks de KOR1 moyen 42-43 lbs et 700 USD/t pour des stocks de KOR moyen 44-45 lbs. 

Voici nos dernières estimations de la répartition de la production ivoirienne 2012 de noix de cajou brute. 



Pour l’instant la situation climatique en Côte d’Ivoire, avec une pluviométrie supérieure à la moyenne et bien répartie dans le temps, pousse à l’optimisme pour la récolte 2013. On note un nombre important de floraisons précoces dans les zones forestières ce qui semble indiquer que la récolte 2013 sera moins tardive qu’en 2012. 
Le marché de l’anacarde en Afrique

En Guinée-Bissau, comme en Côte d’Ivoire, des contrats portant sur de petits volumes sont régulièrement passés principalement par les importateurs indiens et brésiliens. Les achats continuent donc mais à un rythme lent. Plusieurs milliers de tonnes de noix brute sont toujours disponibles dans le pays. 

En Afrique de l’Est, la récolte a commencé. Elle est annoncée plutôt bonne en Tanzanie et au Kenya mais des informations non vérifiées parlent d’une récolte décevante au Mozambique. 

Le Conseil Tanzanien du Cajou a fixé un prix d’achat minimum à 0,75 USD/kg (380 FCFA/kg) pour la noix brute du pays qui, rappelons-le, bénéficie d’une très bonne réputation de qualité (KOR moyen 52-54 lbs). Pour l’instant peu d’achats ont lieu à ce prix. 

Les acteurs de la filière anacarde au Kenya s’attendent à ce que le prix dans leur pays soit comparable à celui de Tanzanie. 
Nous n’avons pas d’informations jusqu’à présent sur les conditions de commercialisation au Mozambique mais ce pays n’autorise généralement les exportations qu’à partir de janvier pour laisser le temps aux transformateurs nationaux de s’approvisionner en priorité. 


Le marché international de l’anacarde

Au cours du mois d’octobre, les quantités d’amande de cajou vendues sur le marché international et sur le marché national indien ont augmenté sans pour autant causer de variations de prix conséquentes. 

Un écart s’est creusé entre l’Inde où le marché local permet aux transformateurs de noix de cajou de vendre l’amande de grade WW320 entre 3,2 et 3,4 USD/lb (3580 et 3800 FCFA/kg) FOB2, et le Vietnam, plus dépendant des pays importateurs, où les transformateurs offrent pour la plupart des prix légèrement moins élevés entre 3,1 et 3,2 USD/lb FOB (3470 à 3580 FCFA/kg). 

Sur le marché de la noix brute, un écart important apparait entre les noix de relativement mauvaise qualité (44-45 lbs) disponibles en Côte d’Ivoire et en Guinée-Bissau qui se négocient autour de 750 USD/t (380 FCFA/kg) CAF3, et celles de très bonne qualité (50-52 lbs) disponibles en Indonésie qui se négocient à plus de 1200 USD/t (610 FCFA/kg) CAF. 

Le taux de change Dollar US – Franc CFA reste toujours stable, actuellement autour de 1 USD = 510 FCFA. 
Le point de vue des analystes

La situation actuelle du marché de l’anacarde est risquée. 

Si on se fie aux statistiques commerciales du premier exportateur mondial d’amande de cajou, le Vietnam, la consommation n’est pas si mauvaise qu’annoncé (graph ci-dessous, les statistiques semblent très fiables après recoupement avec celles des pays importateurs). Le volume cumulé des exportations du pays entre Janvier et Septembre est sensiblement plus élevés que les deux dernières années. 



Comme nous l’avions remarqué précédemment, bien que la consommation évolue peu en Europe et aux USA (graphiques ci-dessous), ce sont les moyens et petits pays importateurs, notamment ceux d’Asie, sur lesquels peu d’informations sont disponibles et auxquels beaucoup d’opérateurs ne prêtent que peu d’attention qui connaissent la croissance la plus importante et qui pourraient provoquer des problèmes de disponibilité de produit dans les mois à venir. 

 


Toutefois, il serait dangereux de présager dès à présent une augmentation importante des prix de l’anacarde sur le moyen terme. La production ouest-africaine en général et ivoirienne en particulier connaitra l’année prochaine, sauf incident climatique majeur, une nouvelle augmentation notable, ce qui devrait assurer une forte disponibilité de noix brute en 2013 en plus des stocks restants de la campagne 2012. 
Nous ne serions pas surpris si les prix de l’amande connaissaient un petit pic ponctuel sur la fin de l’année 2012 et le début de l’année 2013 tandis que les prix de la noix brute restent relativement stables. 
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(1) KOR : Kernel Output Ratio (rendement en amande), c’est l’unité de mesure de la qualité moyenne d’un lot de noix de cajou brute. Elle s’exprime en livres (lb) d’amandes obtenues par sac de 80 kg de noix brutes décortiqués. 
(2) FOB : « Free On Board », en français « libre à bord du bateau ». Terme commerciale utilisé pour désigner le prix pour un produit livré à son port de départ, chargé sur un bateau et prêt à partir pour un port de destination. 
(3) CAF : « Coûts, Assurance et Fret ». Terme commercial utilisé pour désigner le prix d’un produit livré au port de destination et non déchargé, ici les ports de Cochin et Kollam en Inde et le port d’Ho Chi Minh au Vietnam. 

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